Etre femme ou être mère ?

Je sors le paratonnerre, le parapluie, le paravent… Je sors tout ce qui pourra me protéger de celles qui trouvent que évidemment c’est les deux, ou l’un ou l’autre. On ne sera jamais toutes d’accord de toute façon.

Je suis un homme, quoi de plus naturel en somme

Depuis toute petite je suis un garçon manqué. Enfin disons que c’est comme ça que ça a commencé. Les cheveux courts (même si j’ai pleuré quand on les a coupés court), le goût du foot, la compagnie des garçons plutôt que celle des filles à l’école.
Grandissant, devenant jeune femme active, j’étais toujours assez intriguée par ce que se disaient les copines dans la cuisine pendant que nous – nous… – on était dans le salon après le repas à discuter de Diablo (que j’aimais tellement moins que Baldur’s gate, mais ce n’est pas vraiment le sujet). J’étais donc évidemment toujours étonnée si un de mes potes/frangins/poteaux se disait soudainement amoureux de moi. “Quoi ça ? Mais j’étais pas une fille ! C’est pas du jeu !”

Puis, ventre rond et petits pas *

Je suis devenue maman, non pas par hasard mais par envie profonde. Envie d’une famille, de connaître la relation de parent. Envie de découvrir ce que c’est que cet amour-là. J’en étais curieuse, je disais : Je ne peux pas vivre sans connaître l’amour pour un chéri, sans connaître l’amour pour des amis, sans connaître l’amour pour un enfant. Et il est venu. Et depuis, je suis femme et maman. Apparemment ça a fait sens pour plein de gens.

Pourquoi tu me regardes à moi ?

Dès qu’on va chez le garagiste pour MA voiture, c’est à mon homme qu’on s’adresse. Idem quand il s’agit de réparations dans la maison. Pareil si on parle de travail, de technique, de logique, d’analyse, de solutions… Par contre si on va chez le boucher ou dans un magasin de fringues (pour hommes), là tout à coup j’existe. Et vas-y qu’on m’explique comment cuire les poireaux dans sa sauce machin, ou quel cycle de lavage truc bazar. Même chez le pédiatre, on me parle à moi des médicaments, trucs physiologiques, alimentation enfant, molécules, blabla… Ça concerne mon enfant et donc je serais automatiquement calée en bio et nutrition ? J’ai des ovaires alors je suis l’interlocutrice désignée et compétente ? Ça cause une sorte de bourdonnement intérieur, comme un grésillement sur la ligne qui brouillerait toute communication : je n’y entends rien, et je vois juste les lèvres qui bougent, mes pensées s’évadent et ma tête sourit en oscillant. Dans mon fort intérieur, je me demande rapidement pourquoi on me raconte des trucs qui ne sont pas de mon rayon, puis je quitte virtuellement le rayon.Pendant ce temps, la personne vraiment compétente dans ces matières écoute sans bénéficier d’un regard : le père de mon enfant est un ange de tolérance.

Pendant qu'elles prévoient une aprem avec la marmaille et des gâteaux (qu'elles ont préparé), je me dis que une bonne journée avec des proches : c'est un peu d'alcool et beaucoup de baby-sitter.

Alors donc c’était ça

Voilà que la maternité – La Maternité – m’était tombée dessus. Et mes amies aussi ça leur est tombé dessus. Avec semble-t-il plus de facilité ou de fluidité pour la plupart. Je sais pas comment dire. Elles mettent en lumière mes lacunes. Pendant qu’elles prévoient une aprem avec la marmaille et des gâteaux (qu’elles ont préparé), je me dis que une bonne journée avec des proches : c’est un peu d’alcool et beaucoup de baby-sitter.

Femme ou maman ?

Au hasard d’un ragot people, j’entends ceci : On a vanté les droits à tel point qu’on en a oublié ses devoirs. On a valorisé la liberté d’aimer qui on veut, de mener sa vie librement et de l’imposer à ses enfants, mais sans regarder l’impact que cela avait sur eux.

J’ai certainement davantage été homme qu’une femme longtemps.
Et voyant les responsabilités qu’on nous assigne sur cet autre terrain, je me dis que j’ai peut-être davantage privilégié ma vie de femme à celle de mère.
Quand je vois mes chères et tendres amies se démener, je suis épatée de leur énergie. Quand je les vois oublier le maquillage ou justement être parfaites à toute heure du jour. Quand je vois tous les chemins possibles, tous les équilibres possibles, je me demande lequel est le bon pour être autant une femme qu’une mère. Être de manière équilibrée un être humain qui a un enfant.

Pas de réponse

C’est difficile d’apporter tout ce dont ils ont besoin à nos proches. Difficile de nous libérer de ces attentes – réelles ou supposées – et de se prendre soi par la main pour n’être qu’un être humain. Aller se poser dans un bon bistrot. Seule. Et se dire “Quelle partie de moi manque de réalisation?”

Personnellement, si je devais faire un top 5, voilà ce que je veux acquérir en termes de petites compétences ou mini qualités, cette année, pour devenir un meilleur être humain :

  1. Me placer devant mon chéri quand le garagiste lui parle de MA voiture
  2. Faire fonctionner le cuit-vapeur (même avec un mémo)
  3. Moins regarder mes mails ou Facebook quand je suis avec mon enfant
  4. Laisser mon enfant aller à une activité en bus avec l’école le mercredi même si c’est horrible parce que vous comprenez : il va y aller en bus !
  5. et puis, signifier souvent à mon homme, au cas où il en aurait besoin, que je ne suis pas que une maman (ni son pote)

 

 

* : tapon… Désolée. Je sors.

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